Ch’Lanchron
paraît
depuis 1980
Accueil
du site picard
lanchron.fr
Écouter ou
lire du picard

Sur scène
Une brève
présentation de
Ch’Lanchron
Les numéros de
Ch’Lanchron
éch jornal picard
Les auteurs
publiés dans
Ch’Lanchron
Langue picarde
Vitalité du picard
Les liens
Nouveautés
et mises à jour

Plan du site
 « Ch’Lanchron «c’est aussi le journal trimestriel écrit tout en picard Un « lanchron «c’est un pissenlit 35 ans de scène, 90 chansons en picard à notre répertoire Logo officiel de « Ch’Lanchron  » Gadrouille est la mascotte de « Ch’Lanchron  » Toute une collection de livres picards de référence À doù qu’o s’édvise in picard ? Ravisez ichi ! Quoé d’neu din « lanchron.fr «?
Abonnez-vous !
Ch’Lanchron
1 an pour 22 €

Table des
textes parus dans
Ch’Lanchron

Écouter des chansons
Jouer et écrire
Activités de
l’association
Ch’Lanchron

Le roman picard
La fableLa BD.
Le théâtre picard
Commandez
les éditions de
Ch’Lanchron

Le moyen picard
La littérature
du picard moderne

Quoé d’neu din « lanchron.fr «?

Que peut attendre le picard de la décision
du Conseil des Ministres du 7 août 1985 ?

Article de presse proposé par Jean-Luc Vigneux (secrétaire de « Ch’Lanchron ») (août 1985)
Le rapport Giordan
En 1985 Henri Giordan était directeur de recherche au CNRS (après avoir été professeur de littérature française à l’université de Fribourg en Suisse).

Au début des années 1980, Henri Giordan s’est spécialisé dans l’étude des cultures minoritaires. Il est l’auteur du premier rapport officiel sur les langues et cultures régionales de France : « Démocratie culturelle et droit à la différence » (publié à La Documentation française Paris,1982). Ce rapport a été présenté à Jack Lang, ministre de la Culture.

Suite à son rapport, Henri Giordan est venu en septembre 1982 à Saint-Riquier (80), avec M. Ricard, représentant le ministère de la culture, en réponse à l’invitation de la D.R.A.C. Picardie. Il avait rencontré les associations, présenté son rapport et ses conclusions, et ensemble, tous les participants avait réfléchi aux applications en Picardie de dispositions favorables au picard. En juin 1983, il revenait à Amiens et participait à un débat sur le picard et l’école au cours de l’université des Picardies d’Achteure. En mars 1984, à Paris, lors du colloque de l’Association pour les Cultures Différentes, il rencontrait encore des Picards.
Henri Giordan a publié de nombreux ouvrages sur les minorités linguistiques parmi lesquels…
• Par les langues de France (Paris, 1984)
• Les minorités en Europe : droits linguistiques et Droits de l’Homme (Paris, 1992)
• Les sociétés pluriculturelles et pluriethniques (Unesco, 1994)
• Le temps du pluriel : la France dans l’Europe multiculturelle (La Tour d’Aigues, 1999)
Le Conseil des ministres, sur proposition de M. Jack Lang, Ministre de la Culture, a décidé la création d’un « Conseil National des Langues et Cultures Régionales de France ». Ce tout nouvel organisme sera un lieu d’échanges où il sera publiquement débattu de la situation des langues et des cultures de France. Il proposera des mesures pour la promotion de ces cultures.
Le Premier Ministre choisira trente à quarante personnalités, à titre individuel en leur qualité d’universitaires, d’hommes politiques, de chercheurs, d’artistes, d’écrivains, etc. Le Vice-Président du « Comité de la Langue Française » est membre de droit de ce conseil. Les travaux commenceront en septembre 1985, et un rapport annuel sera établi. Ce conseil n’aura qu’un rôle consultatif. Cette décision s’applique aux langues et cultures régionales, mais aussi aux langues non territorialisées (minoritaires) provenant de l’immigration.

Il s’agit en fait d’un pas assez timide dans le domaine de la reconnaissance du « Droit à la Différence » proclamé par le candidat M. François Mitterrand, lors de son discours de Lorient (14 mars 1981) : « La France doit cesser d’être le dernier pays d’Europe à refuser à ses composantes les droits culturels élémentaires, reconnus dans les conventions internationales qu’elle a elle-même signées. Le temps est venu d’un statut des langues et cultures de France qui leur reconnaisse une existence réelle. Le temps est venu de leur ouvrir grandes les portes de l’école, de la radio, et de la télévision permettant leur diffusion, de leur accorder toute la place qu’elles méritent dans la vie publique ». La 56ème des 110 propositions de François Mitterrand déclarait alors : « la promotion des identités régionales sera encouragée, les langues et cultures minoritaires respectées et enseignées ».

Ce résultat est même considérablement en retrait par rapport à la Proposition de Loi préparée par M. Jean-Pierre Destrade en 1984. En particulier, l’article 6 de cette proposition prévoyait la création, auprès du Premier Ministre, d’un « Conseil National des Langues et Cultures de France » ayant mission d’expertise et de proposition dans la préparation et la mise en oeuvre des mesures… Par ailleurs, un « Conseil Consultatif » était prévu pour chaque langue de France, dans les régions. Ce projet décentralisé n’est, aujourd’hui, pas à l’ordre du jour.

À l’époque de l’été 1984, seules sept langues de France étaient reconnues officiellement, à savoir : le basque, le breton, le catalan, le corse, le flamand, l’occitan, et les formes germaniques parlées en Alsace et Lorraine (alsacien et francique), auxquelles s’ajoute le créole. Le picard, comme les autres parlers du domaine d’oïl, était assimilé à une « différence interne de la langue française », ce qui n’était pas le cas dans une première rédaction de la Proposition de Loi. Cette erreur avait déclenché un certain nombre de réactions de la part des défenseurs de ces langues.
En Picardie, « Ch’Lanchron » a ainsi alerté les élus régionaux sur cette question. Les réponses n’ont pas manqué d’être rassurantes, de la part de M. Alain Savary, Ministre de l’Éducation, en réponse à M. Jacques Becq, député de la Somme comme de la part de M. Jean-Pierre Destrade, en réponse à M. Laurent Delabie, directeur de l’Université Populaire Picardies d’Achteure.
Il en était de même de la part de M. Jack Lang, qui dans une lettre adressée à M. Max Lejeune, Président du Conseil Général de la Somme, Sénateur Maire d’ Abbeville, le 16 juillet 1984 assurait que « le picard bénéficiera, au même titre que les autres langues et cultures, des mesures d’ensemble destinées à la promotion des langues et cultures de France ». Ensuite, M. Lang affirmait : « Ainsi, pourra être renforcée l’action déjà accomplie par le Ministère de la Culture, qui dans le domaine du picard, s’est notamment portée sur l’animation en milieu scolaire dans le cadre d’une convention passée avec le Rectorat d’Amiens ».
Le Ministre fait ici allusion à la convention du 30 septembre 1983, reconduite en 1984, qui a permis à 5 associations (Théâtre d’Animation Picard, Les Indiens Picards, « Ch’Lanchron », Chés Manans du cotè d’Bieumont, et Tertous Gadrus) d’intervenir officiellement dans 13 établissements scolaires. Cette convention a permis la mise en place de trois postes (en heures supplémentaires) de professeurs-animateurs de picard dans les collèges, des sections « Langue et Culture Picardes » dans trois établissements (Saint-Quentin, Roye, et Abbeville), la production de matériau pédagogique, et des stages de formation sur la langue picarde pour les enseignants. Cette convention originale — et unique en France dans ce domaine —a été signée entre la Direction des Affaires Culturelles de Picardie et le Préfet, Commissaire de la République, représentant le Recteur d’Académie d’Amiens. Espérons que les engagements de M. Lang seront suivis dans les faits, et qu’un Picard sera nommé au Conseil National des Langues et Cultures de France.

Mais cette récente décision n’est pas seulement en retrait par rapport à la proposition de loi sur ce seul point. L’article 3 de la proposition de loi prévoyait que « 1’État garantit aux langues et cultures reconnues le plein exercice des droits à la recherche fondamentale, à l’enseignement à tous les niveaux, à l’éducation permanente, aux activités culturelles de tout type et à leur emploi, à côté de la langue française, dans toutes les formes de la communication et de la vie publique ». L’article 4, lui, assimilait au racisme « tout acte discriminatoire fondé sur l’appartenance ou la non-appartenance à une communauté linguistique ou culturelle ». Ces deux articles étaient précisés en détail dans la quinzaine d’articles de la Proposition de Loi.

Gageons que le « Centre National des Langues et Cultures Régionales » aura à coeur dans ses premiers travaux
l°/ de ne pas hiérarchiser les langues régionales et minoritaires entre elles, mais au contraire, de donner à toutes la place qui leur revient, et de les traiter également. Nous nous refusons, à l’échelon national et international, à considérer, et à laisser considérer, qu’ il puisse exister des degrés de valeur en ce qui concerne la langue, la culture, l’histoire des gens, au niveau de leur région, de leur pays, de leur ethnie.
2°/ de suggérer aux ministres la rédaction d’un Projet de Loi qui reprenne les dispositions de la Proposition de 1984, sans commettre les erreurs de l’article 2, et que ces intentions soient rapidement concrétisées dans les régions et nationalement.

La création de ce Conseil fait donc suite à la mission d’étude et de proposition commandée par M. Lang le 6 août 1981 à M. H. Giordan, chercheur au C.N.R.S. . Ce travail a fait l’objet d’une publication « Démocratie Culturelle et Droit à la Différence », connue sous le nom de « Rapport Giordan », en février 1982. Ce rapport préconisait, après une étude détaillée des cultures régionales et minoritaires, une politique de « Réparation Historique » pour ces langues et cultures. Une reconnaissance officielle dans un premier temps, puis, ensuite, des secteurs prioritaires d’intervention dans différents domaines (théâtre, livre, musique, danse, cinéma, arts plastiques, animation culturelle, patrimoine ethnologique) devait permettre aux langues et cultures régionales leurs places au sein de la communauté française, et ainsi enrichir le patrimoine national. Loin donc de diviser, cette multiplicité ne doit et ne peut que favoriser l’épanouissement de la culture en France.
Le Rapport Giordan préconisait la création de centres de documentation, de recherche, d’échanges au niveau national. Cette proposition reste disponible pour le Conseil nouvellement créé. M. Giordan, qui sera probablement appelé comme membre du Conseil National des Langues et Cultures, connaît bien la Picardie.

Le picard est aujourd’hui une langue vivante qui s’écrit, se chante, se joue, s’enseigne, s’étudie, sans complexe aucun, et qui se parle quotidiennement dans cinq départements de France, et en Belgique aussi (dans le Tournaisis). La publication régulière depuis cinq années d’un trimestriel entièrement et uniquement rédigé en picard sur 40 pages, « Ch’Lanchron », constitue bel et bien un exemple concret de la vitalité du parler régional (*).

La preuve scientifique de l’existence du picard en tant que langue n’est plus à faire. Les travaux du Centre d’Études Picardes de l’Université de Picardie, ceux du C.N.R.S. (en cours), et aussi ceux d’Universités étrangères (en U.R.S.S., Allemagne, Belgique, Grande-Bretagne,...) sont là pour nous affirmer que le picard est loin, très loin, d’être une « déformation » du français, comme s’il y avait eu un jour, il y a quelques siècles, un seul et unique langage commun à tous, un français académique idéal, et que depuis, chacun s’était employé à le modifier, à l’altérer pour en faire un de ces « horribles patois » pour certains, ou une « variation linguistique interne » pour d’autres.
La récente publication de « La forêt invisible, au nord de la littérature française : le picard » ne peut que constituer un argument supplémentaire (rien moins que huit siècles de littérature picarde !) de qualité scientifique, en faveur du parler régional.

Le picard doit donc être représenté au sein de ce Conseil dès son démarrage. Sa reconnaissance officielle par les instances nationales constitue la première étape indispensable qui permettra ensuite de développer les moyens nécessaires dans le domaine culturel, mais aussi dans l’enseignement et dans la recherche.
Le picard doit, lui aussi, se trouver au carrefour des cultures de France, en rapport avec les autres langues. L’apport réciproque entre le picard et le français, les échanges entre ces deux langues, leurs évolutions, leurs histoires parallèles, doivent constituer une symbiose, une émulation. La prise en considération du picard, de la culture picarde, à part entière, et à côté des autres langues et cultures régionales ou minoritaires ne saurait porter atteinte à la langue française, mais bien au contraire contribuer à renforcer avec bénéfice notre patrimoine culturel national.
La loi Destrade
En mai 1984, la Proposition de Loi n° 2157 « sur la promotion des langues et cultures de France » préparée par le groupe socialiste, a été préparée par M. Jean-Pierre Destrade en 1984, député. Cette Proposition de Loi n’a jamais atteint le bureau du Président Louis Mermaz et n’a donc jamais été mise à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale.

Deux autres groupes parlementaires (P.C.F., R.P.R.) avaient alors, eux aussi, réfléchi à ce sujet, mais aucune Proposition de Loi n’a été débattue. Il y a eu, comme cela, vingt-six propositions différentes entre 1958 et 1985. Et bien d’autres ensuite encore… avec le même résultat.
La presse relaie les informations

Dans son numéro du 16 août 1985, le quotidien régional « Le Courrier picard » publiait sur une pleine page l’intégralité de l’article de « Ch’Lanchron » (tel que nous le reprenons dans cette page).
Abonnez-vous à
Ch’Lanchron




1 an - 5 parutions
(4 numéros + 1 livre)
22,00 €
Archives et réflexions : les autres articles à lire sur lanchron.fr

Depuis 1980, Ch’Lanchron a produit diverses réflexions sur la langue picarde et son expression littéraire contemporaine. Ces travaux ont été rédigés à l’occasion de rencontres entre Picardisants, lors d’interventions auprès de lycéens ou d’étudiants, ou encore pour des communications données dans des colloques universitaires ou lors de journées d’études ou d’échanges. Ils ont pu être publiés ponctuellement dans la presse, mais sont le plus souvent restés inédits.
Nous avons ressorti ces documents de nos cartons d’archives. Nous les livrons à nouveau au public sur lanchron.fr.
Ces différentes informations sont assurément marquées par l’époque où elles ont été réalisées. Malgré une approche parfois partielle ou incomplète, il nous semble que ces textes (qui jalonnent plus de trente années d’activités associatives) éclairent encore l’actualité du picard. Nous soumettons ces « archives » à « votre réflexion ».

Contribution aux « Assises régionales de la recherche et de la technologie en Picardie » (communication d’octobre 1981)
« Chés quate écmins » : conversation avec Paul Mahieu (rencontre en juillet 1982)
Le dialecte aujourd’hui (en collaboration avec la Maison de la Culture de Tournai) (document de 1984)
Que peut attendre le picard de la décision du Conseil des Ministres du 7 août 1985 ? (article de presse d’août 1985)
« Grands Dossiers de Picardie » : le patrimoine linguistique de Picardie (communication d’octobre 1985)
D.R.A.V.I.E.  PICARD : dossier pour le Conseil régional de Picardie (document présenté en novembre 1996)
Existe-t-il une littérature picarde ? (conversation d’avril 1997)
La vitalité du picard (article de 1997)
La langue picarde après un an de présence sur le réseau Internet (intervention au colloque de Marcinelles, septembre 1997)
Y-aurait-il eu un déclin du picard au XIXème siècle ? (entretien réalisé au printemps 2005)
Le picard : « constater, agir, déculpabiliser, transmettre » (communication d’octobre 2006)
La diffusion d’ouvrages en picard : quelle volonté politique ? quelle critique littéraire ? Première partie(16 minutes) Seconde partie (15 minutes) (intervention lors des « Troisièmes journées inter-régionales du picard », Tournai, décembre 2007)
Dernière mise à jour :
04-04-2013
Pour tout renseignement
écrivez à Gadrouille
Retour en haut
de cette page
Rapasse à no moaison !
(vers le plan du site)
© Ch’Lanchron 2012
CH’LANCHRON
  « Espace Saint-Gilles «(CM-17) Bâtiment 9 - 82 rue Saint-Gilles
80100 ABBEVILLE   Picardie   (FRANCE)
Téléphone / Fax
(33) 03.22.31.01.55.